Carte de vigilance météo

Vigilance météorologique

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Actualités

Bilan établi avec les données disponibles le 18/09/2023.

Situation météorologique

Au cours de la journée du mercredi 13 septembre, un minimum dépressionnaire se creuse dans l’ouest immédiat du nord de la Grande Terre. Alimentée par une masse d’air humide et chaude d’origine tropicale en surface, et activée par une anomalie atmosphérique d’altitude, la convection se renforce sensiblement à partir du tout début de journée le jeudi 14, provoquant d’abondantes précipitations et quelques fortes rafales qui vont rapidement s’étendre à l’ensemble du pays et perdurer durant les 48 heures suivantes. Ce n’est qu’à partir du samedi 16 au matin que le mauvais temps s’évacue, laissant place alors à des averses régulières qui vont principalement arroser le sud de la Grande Terre et les îles Loyauté.

Image en infrarouge et canal visible du satellite Himawari 9 + réflectivité radar + impacts de foudre du réseau de détection de la foudre de la Nouvelle-Calédonie, le jeudi 14 septembre 2023 à 17h00 loc. Source : Météo-France Nouvelle-Calédonie
Image en infrarouge et canal visible du satellite Himawari 9 + réflectivité radar + impacts de foudre du réseau de détection de la foudre de la Nouvelle-Calédonie, le jeudi 14 septembre 2023 à 17h00 loc.
Source : Météo-France Nouvelle-Calédonie

Il est important de noter que le contexte actuel El Niño n’est pas propice à la survenue de tels épisodes de pluie : en effet, habituellement en situation El Niño, de hautes pressions s’installent durablement sur la région, faisant obstacle à la descente des masses d’air humides et chaudes d’origine tropicale. L’épisode de pluie du 13 au 16 septembre est donc inhabituel, d’autant plus que la conjonction d’une anomalie atmosphérique d’altitude et la présence d’un air chaud en surface a largement renforcé l’intensité des pluies. Ce type d’épisode pluvieux devrait rester exceptionnel et le retour d’un temps sec devrait se réinstaller sur le pays au cours des prochains mois.

Cumuls de précipitations

Les cumuls enregistrés en 3 jours, entre le 13 septembre à 12 h loc. et le 16 septembre à 12 h loc., sont compris entre 41 mm à Ouaco (Kaala-Gomen) et 278 mm à Borindi (Thio). Les régions les plus touchées sont le sud de la Grande Terre et la côte Est où il est tombé plus de 200 mm.

Cumuls totaux de précipitations du 13/09/2023 à 12h00 au 16/09/2023 à 12h00 loc. Source : Météo-France Nouvelle-Calédonie
Cumuls totaux de précipitations du 13/09/2023 à 12h00 au 16/09/2023 à 12h00 loc.
Source : Météo-France Nouvelle-Calédonie

En termes de rapport à la normale mensuelle, à l’exception de Lifou et Ouvéa où les cumuls tombés en 3 jours avoisinent les valeurs mensuelles, ces dernières ont été largement dépassées sur l’ensemble des communes du pays. C’est à La Tontouta (Païta), Magenta (Nouméa) et La Coulée (Mont-Dore) que les excédents de pluie sont les plus importants : ils y dépassent le triple des cumuls habituellement attendus en septembre. Sur la côte Nord-Ouest qui était jusque-là durement touchée par la sécheresse, les cumuls de pluie sont compris entre 41 mm à Ouaco et 64 mm à Koumac, ce qui y représente entre 2 et 2,5 fois les pluies mensuelles de septembre.

Deux stations battent leur propre record de pluie en 24 heures pour un mois de septembre :

  • Phare Amédée : 75,9 mm le 14/09/2023 ;
    ancien record : 65,6 mm le 06/09/2007 (calcul depuis le 01/07/1989).
  • Bouraké : 61,6 mm le 15/09/2023 ;
    ancien record : 42,4 mm le 06/09/2007 (calcul depuis le 01/12/2000).

En ce qui concerne les intensités des averses, elles n’ont pas été exceptionnelles : toutes les stations enregistrent des intensités de pluie de durée de retour* inférieure à 5 ans.

Rafales de vent

Au cours de ces 3 jours, et notamment à partir du jeudi 14, le vent s’est sensiblement renforcé, occasionnant des rafales qui ont touché l’ensemble du pays. La rafale maximale a été mesurée à Poé (Bourail) avec 54 kt (100 km/h). Sur le reste du pays, elles ont soufflé entre 47 et 90 km/h.

Valeurs des rafales maximales de vent enregistrées entre le 13/09/2023 à 12h00 et le 16/09/2023 à 12h00 loc. - Source : Météo-France Nouvelle-Calédonie
Valeurs des rafales maximales de vent enregistrées entre le 13/09/2023 à 12h00 et le 16/09/2023 à 12h00 loc.
Source : Météo-France Nouvelle-Calédonie

Entre le 14 et le 15 septembre 2023, cinq stations battent leur propre record de rafale pour un mois de septembre :

  • Koné : 80 km/h ;
    ancien record : 79 km/h le 30/09/2022 (calcul depuis le 07/07/1995).
  • Bouraké (Boulouparis) : 90 km/h ;
    ancien record : 85 km/h le 30/09/2022 (calcul depuis le 13/12/2000).
  • Moué (Île des Pins) : 78 km/h ;
    ancien record : 76 km/h le 20/09/1999 (calcul depuis le 08/07/1994).
  • Ouanaham (Lifou) : 78 km/h ;
    ancien record : 72 km/h le 22/09/1998 (calcul depuis le 01/01/1981).
  • Magenta (Nouméa) : 73 km/h ;
    ancien record : 68 km/h le 08/09/1989 (calcul depuis le 01/01/1981).

Bilan de la foudre

L’épisode de pluie du 13 au 16 septembre a été totalement inactif en termes d’orages : au cours de ces 3 jours, aucun éclair n’a été enregistré.

 


Définition

Durée de retour : Un cumul "de durée de retour 5 ans" signifie qu’un tel cumul ne revient en moyenne qu’une fois tous les 5 ans, au lieu où on l’a enregistré. Autrement dit, chaque année, on a une chance sur cinq de pouvoir l’observer à ce même endroit.

Bilan établi avec les données disponibles au 1er septembre 2023

 

De mai à août 2023, le territoire a connu une saison fraîche particulièrement sèche et froide.

  • En termes de pluviométrie, le déficit a été remarquable entre mai et juillet (– 74 %), plaçant ainsi le trimestre mai-juin-juillet 2023 au 2ᵉ rang des trimestres mai-juin-juillet les plus secs après celui de 1957. Seul le mois d’août, affiche un bilan excédentaire de +73 %, avec 2 épisodes pluvieux. Au final, sur l'ensemble des 4 mois, le déficit atteint -35 %.
  • Pour les températures, les valeurs remarquables ont surtout concerné les températures minimales. Les nuits ont été particulièrement fraîches, avec des écarts aux valeurs habituelles de - 1,8 en juin et - 1,2 °C en août. De nouveaux records de températures minimales ont d’ailleurs été établis, comme le 27 juin à La Roche, avec une mesure de 5,9°C.
  • La présence d'un alizé stable plus fréquent qu’à l’accoutumée a favorisé l’assèchement du couvert végétal.

Sur cette même période, à l’échelle du Pacifique, le fait marquant est le démarrage d’un nouvel épisode El Niño en juin. Depuis il n’a cessé de s’intensifier. Au cours des mois à venir, et d’après les prévisions des modèles climatiques le phénomène devrait continuer à s’intensifier, pour atteindre d'ici la fin de l'année, une intensité modérée à forte.

En analysant les épisodes El Niño précédents, il ressort qu’un épisode El Niño d’intensité modérée à forte, signifie pour le pays :

  • Une diminution des précipitations entre septembre et mai, avec un maximum de déficit de l’ordre de -35 % entre octobre et mars.
  • Des températures plus fraîches que la normale (de l’ordre de -0,5°C en journée et de -1,0°C la nuit) avant et pendant l’épisode et des températures plus élevées que la normale (de l’ordre de +0,5°C en journée et de +0,2°C la nuit) durant les mois qui ont suivi la sortie du phénomène et jusqu’en milieu d’année.
  • La présence d’un alizé stable plus fréquent (+10 %), au détriment d’un temps tropical et d’un alizé instable en retraits (-50 %) entre août et avril.

Mais ces répercussions sont des tendances statistiques. Chaque épisode El Niño a ses propres caractéristiques et les modèles climatiques prévoient les conséquences suivantes pour les mois à venir :

  • Des précipitations déficitaires de l’ordre de - 40 %. A noter que l’impact de ce déficit sera moins important durant la saison des pluies.
  • Un scénario incertain concernant les températures. Cette incertitude est liée à la combinaison : Effet « refroidissant » dû à El Niño & Effet « réchauffant » dû au changement climatique.

Les conséquences d’El Niño, en Nouvelle-Calédonie comme partout ailleurs, dépendent des anomalies de température de l’océan. Or en 2023, la température de l’océan planétaire s’est emballée comme on ne l’avait jamais vu par le passé, nous plaçant dans un contexte inédit.

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DOSSIER COMPLET :

Après une saison fraîche déjà placée sous le signe de la sécheresse, et à l’entrée dans un nouvel épisode El Niño, à quoi s’attendre en Nouvelle-Calédonie pour les mois à venir ?

 

Bilan établi avec les données disponibles au 1er septembre 2023

 

Bien que la saison fraîche en Nouvelle-Calédonie s’étire classiquement entre juin et août, on a observé cette année une baisse sensible des températures dès la mi-mai, mais aussi et surtout, un temps remarquablement sec dès le début de ce mois de mai et jusqu’à fin juillet. Le bilan climatique présenté en première partie couvre la période de mai à août 2023.

La suite de cet article apporte des explications sur l’épisode El Niño qui a démarré depuis le mois de juin 2023 et fournit des prévisions sur le temps attendu en Nouvelle-Calédonie d’ici la fin de l’année.

Situation météorologique

Le 29 août, une vaste zone dépressionnaire se situe au nord de la Nouvelle-Calédonie entre les Salomon et le Vanuatu. Cette zone dépressionnaire, associée à une masse d’air chaude et humide, descend progressivement sur le pays, jusqu’à former un axe de basses pressions (thalweg) sur la Nouvelle-Calédonie durant la journée du 30. Le pays, pris en étau entre cette zone de basses pressions et le vaste anticyclone évoluant au nord de la Nouvelle-Zélande, est soumis à un flux rapide d’Est à Sud-Est. Dans le même temps, un minimum dépressionnaire se forme au nord de la Grande Terre et une ligne de convergence axée Nord-Ouest / Sud‑Est se forme le long de la côte Est. Celle-ci est propice aux précipitations qui se déclenchent partout sur le pays mais sont particulièrement abondantes sur l’Est et le Sud. Dans la nuit du 30 au 31, des amas nuageux particulièrement actifs ont occasionné de violentes rafales sur la côte sud-ouest et jusqu’à l’île des Pins.

1 synoptique


Cumuls de précipitations

Les cumuls enregistrés sur une journée et demie, entre le 30 août 00h00 et le 31 août 13h00 loc., sont compris entre 9,7 mm à La Roche (Maré) et 302 mm à Goro Ancienne Pépinière (station PRNC) à Yaté.

2 carte cumul pluie

Les zones les plus arrosées sont situées sur la côte Est et l’extrême Sud du pays. Touho, Kouaoua, Yaté et Moué sont les communes qui ont enregistré les cumuls les plus élevés, compris entre 200 et 300 mm. Le nord de la côte Ouest, Bélep et les îles Loyauté sont restées à l’écart des fortes pluies, avec des cumuls inférieurs à 50 mm.

En termes de rapport à la normale mensuelle, dans les communes les plus arrosées de la côte Est et de l’extrême Sud, mais aussi sur le sud-ouest de la Grande Terre, les pluviomètres ont mesuré l’équivalent d’un à deux mois d’août de précipitations. Pour les communes de l’île des Pins, de La Foa, de Kouaoua et de Poindimié, il s’agit de deux mois de pluie, avec respectivement :

  • 225 mm enregistrés à Moué, pour une normale de 96 mm ;
  • 135 mm mesurés à La Foa pour une normale de 63 mm ;
  • 219 mm enregistrés à Méa (station SLN), pour une normale de 113 mm ;
  • 188 mm enregistrés à Poindimié, pour une normale de 101 mm.

En ce qui concerne les intensités des averses, elles n’ont pas été exceptionnelles, les mesures indiquant des durées de retour* inférieures à 5 ans.


Rafales de vent

Les rafales de vent ont approché voire dépassé les 100 km/h sur l’extrême Sud de la Grande Terre et sur l’île des Pins. Les rafales maximales ont été mesurées à Moué (île des Pins) avec 55 kt (103 km/h) et à Nouméa (station de Faubourg Blanchot) avec 51 kt (94 km/h). Sur le reste du pays, elles ont soufflé entre 50 et 70 km/h.

3 carte rafales

 


 

Définition

Durée de retour : Un cumul "de durée de retour 5 ans" signifie qu’un tel cumul ne revient en moyenne qu’une fois tous les 5 ans, au lieu où on l’a enregistré. Autrement dit, chaque année, on a une chance sur cinq de pouvoir l’observer à ce même endroit.

Couverture evenement

Les phénomènes météorologies de petites échelles, comme les nuages et les brises thermiques (brises de terre et de mer), ont des influences sur le vent. Avoir une bonne compréhension de ces impacts sont un atout en mer (sécurité et optimisation de la navigation).

Pour vous expliquer ces interactions, nous vous invitons à un "Éclairage sur la météo marine en 1h" dédié aux effets des nuages sur le vent et les brises thermiques animé par Lionel Dericq, prévisionniste à Météo-France Nouvelle-Calédonie.

⇒ Pour y participer, inscrivez-vous !

 

Informations pratiques sur l’événement :
  • Date : jeudi 14 septembre de 18h à 19h
  • Lieu : à Météo-France Nouvelle-Calédonie (5 rue Vincent Auriol - Faubourg Blanchot - NOUMEA)

plan acces

L’ESSENTIEL DE L’ANNÉE 2022

L’année la plus pluvieuse et la plus chaude jamais enregistrée

intro cyclone Activité cyclonique Trois phénomènes cycloniques ont eu des répercussions en 2022 : le cyclone tropical DOVI, la dépression tropicale modérée EVA et la dépression tropicale forte FILI.
 intro pheno Température En Nouvelle-Calédonie, la température moyenne annuelle en 2022 est de 24,7°C, soit 1,3°C au-dessus de la normale 1991-2020, ce qui place l’année 2022 au 1er rang des années les plus chaudes jamais mesurées. À l’échelle planétaire, 2022 est la 5ème ou la 6ème année la plus chaude (selon les modèles de données considérés) depuis 1880.
 intro pheno Précipitations Le cumul total des précipitations en 2022 est supérieur de 70 % à la référence 1991-2020, avec 10 mois sur 12 plus pluvieux que la normale. 17 épisodes pluvieux ayant engendré au moins 160 mm de pluies sur une des stations météorologiques ont marqué l’année 2022.
 intro pheno Foudre Avec plus de 12 000 éclairs nuage-sol, l'année 2022 se place en tête des années les plus foudroyées depuis le début des mesures en 2014. Contrairement aux années précédentes, la saison fraîche 2022 a été particulièrement orageuse.
 intro pheno

Vent

& Type de temps

Le vent a soufflé avec une vigueur inférieure à la normale en 2022. L’alizé, vent dominant en Nouvelle-Calédonie, a été présent durant 103 jours, soit 73 jours de moins qu’à l’accoutumée. Durant les mois chauds et en lien avec les conditions La Niña, l’alizé stable a été très en retrait, au profit de temps tropicaux peu venteux ou d’un alizé d’Est plus instable.
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