
Bilan établi avec les données disponibles le 27/03/2026
Les heures indiquées sont les heures de Nouvelle-Calédonie.
Samedi 21 mars 2026 en cours de journée, un minimum dépressionnaire, 1 007 hPa, se forme au sud des Îles Salomon. Dès le lendemain, il atteint le stade de dépression tropicale faible (TD10f) et amorce une route vers le sud qui le rapproche de la Nouvelle-Calédonie.
Associées à cette perturbation, les premières pluies abordent le pays sous forme d’averses orageuses par le nord-est, touchant d’abord les Loyauté dès le samedi 21 à la mi-journée. Elles se généralisent et touchent l’ensemble du pays dès le lendemain en fin de matinée, s’installant alors en continu et 48 heures durant. Ce n’est qu’à partir du mardi 24 au matin que des éclaircies apparaissent. À partir de la mi-journée de ce même jour, le retour du beau temps se généralise, laissant toutefois place encore, çà et là, à quelques passages d’averses isolées, mais pouvant être assez soutenues.
Cette perturbation a aussi été responsable d’une augmentation passagère du vent, principalement sur l’extrême nord et les reliefs de la Grande Terre au cours des journées du lundi 23 et du mardi 24. À cette occasion on a enregistré sur la pointe nord et les reliefs des rafales de vent qui ont pu dépasser les 100 km/h.
L’illustration ci-dessous montre le renforcement du vent et la présence des pluies à l’approche de la dépression TD10f, le lundi 23 mars à 18h00 loc.
Images satellite en canal visible, pression atmosphérique au niveau de la mer, rafales du modèle AROME seuillées à 35 kt et lame d’eau radar 1 heure, le lundi 23 mars 2026 à 18h00 loc.
C’est sur le nord-est, entre Canala et Ouégoa, que les cumuls totaux de précipitations mesurés aux stations entre le samedi 21 et le jeudi 26 mars 2026 ont été les plus élevés, dépassant souvent les 200 mm. Le cumul maximal est de 361,3 mm à Ponérihouen sur les hauteurs de Aoupinié. Sur le sud-est et le nord-ouest de la Grande Terre, ainsi que sur Ouvéa et Lifou, les cumuls sont principalement compris entre 100 et 200 mm. Ailleurs, c’est-à-dire à Maré, sur le sud-ouest de la Grande Terre et à l’île des Pins, ils sont presque tous inférieurs à 100 mm.
Au passage de la dépression tropicale faible TD10f, le vent s’est sensiblement renforcé, notamment sur l’extrême nord et les reliefs de la Grande Terre au cours des journées du lundi 23 et du mardi 24 mars. Au cours de ces deux journées, nos stations ont enregistré sur la pointe nord et les reliefs, des rafales supérieures à 100 km/h. Partout ailleurs, elles ont été comprises entre 50 et 90 km/h environ.

Pendant cet épisode de pluies intenses, la Nouvelle-Calédonie a connu une activité orageuse très marquée. Au total, 4 687 éclairs ont été recensés sur le territoire dont :
Le 21 mars a été la journée la plus active, avec 1 100 éclairs ayant frappé le sol en 528 endroits différents.
Les communes les plus foudroyées sont :

Images du satellite GMS-5
Extraites de la base d'images de la NOAA
(© Knapp, K. R., 2008: Scientific data stewardship of International Satellite Cloud Climatology Project B1 global geostationary observations. Journal of Applied Remote Sensing, 2, 023548, non-government domain)
Passage de BETI sur le Nord du Vanuatu
Mercredi 20 mars - Un minimum dépressionnaire commence à s’organiser à environ 300 km dans l’Est-Nord-Est des îles Banks (nord Vanuatu). Le système prend la direction du Sud-Ouest.
Samedi 23 mars, en fin d'après-midi - Le phénomène se structure et atteint le stade de dépression tropicale modérée.
Dimanche 24 mars, au matin - La dépression incurve sa trajectoire vers le Sud, passant à moins de 50 km à l'est de l'île Raga (appelée également île de Pentecôte - Vanuatu)
Dimanche 24 mars, à 11h - Le centre de NANDI nomme le phénomène BETI.
Dimanche 24 mars, à 14h - BETI devient une dépression tropicale forte.
Dimanche 24 mars, après-midi - La dépression incurve légèrement sa trajectoire vers l’ouest et traverse les îles d’Ambrym, de Malekula (Vanutatu)
⇒ Le dimanche 24 mars à 18h00 - La pré-alerte est déclenchée sur l’ensemble du territoire.
Lundi 25 mars, en fin de matinée - BETI atteint le stade de cyclone. Près de son centre, ses vents moyens sont estimés à 65 kt (120 km/h) avec des rafales à 90 kt (170 km/h).
⇒ Le lundi 25 mars à 16h00 - La province Nord est placée en alerte 1
BETI reste un moment dans le Nord de la Nouvelle-Calédonie
Dans la nuit du lundi 25 au mardi 26 mars, le cyclone BETI adopte une trajectoire erratique avant de faire, en fin de journée une boucle. Il continue à se renforcer : ses vents moyens sont estimés à 80 kt (150 km/h) avec des rafales à 115 kt (210 km/h). En sortie de boucle, il adopte une trajectoire Sud.
Mardi 26 mars à 11h - BETI se trouve à 170 km dans le nord-nord-est de Bélep.
⇒ Le mardi 26 mars à 18h00 - L'alerte 2 est déclenchée à Bélep. Dans le reste de la province Nord, les communes restent en alerte 1.
et le mercredi 27 mars à 05h00 - L'alerte 2 est étendue à toute la province Nord. L’alerte 1 est déclenchée pour la province Sud.
Passage de BETI sur la Nouvelle-Calédonie
Mercredi 27 mars à 05h - BETI se trouve à 110 km à l’est de Bélep et à 120 km dans le nord de Ouégoa. Le cyclone a atteint son intensité maximale, avec une pression au centre estimée à 940 hPa et des vents moyens estimés à 90 kt (170 km/h) accompagnés de rafales à 125 kt (230 km/h).

Image Infra-rouge du satellite NOAA14 du 27 mars à 06h
Pression au centre est estimée à 940 hPa
Mercredi 27 mars à 08h - Le cyclone passe à 50 km au nord de Ouégoa.
⇒ Le mercredi 27 mars à 10h00 - L'alerte 2 est activée à Ouvéa et Lifou
et à 11h00 - L'alerte 2 est étendue à tout le territoire
Mercredi 27 mars à 11h - BETI touche la côte Est de la Grande Terre, à mi-chemin de Hienghène et Touho.
Image satellite du cyclone tropical BETI, issue du satellite japonais GMS V.
Situation du 27 mars 1996 à 14h00.
Le cyclone poursuit son déplacement régulier vers le sud-est et ressort en mer au niveau de la baie de Gouaro, vers 17h. Puis sa trajectoire s’incurve vers l’est-sud-est et le phénomène longe la côte Ouest.

Image Infra-rouge du satellite NOAA12 du 27 mars à 19h
Pression au centre est estimée à 955 hPa
Mercredi 27 mars entre 21h et 22h - BETI passe à une quinzaine de kilomètres dans l’ouest de Nouméa.
Jeudi 28 mars en fin d'après-midi - Le phénomène perd de la puissance et devient une tempête extra-tropicale.
Carte de trajectoire du cyclone BETI du 23 au 28 mars 1996
Images de vent issues de ERA-5
Du 23 mars 1996 à 00h au 28 mars 1996 à 20h
Données ERA-5 issues de Copernicus Climate Change Service (C3S) Climate Data Store (CDS). DOI: 10.24381/cds.adbb2d47
Animation réalisée en adaptant windR. DOI : 10.1098/rspb.2019.2789
Durant le passage de BETI, le vent a atteint des valeurs importantes. À la Montagne des Sources, la station a ainsi mesuré une rafale de 232 km/h. À ce jour, cette valeur est le record absolu pour cette station.

Les fortes précipitations ont précédé les vents les plus importants.
La répartition des précipitations a suivi le cheminement du cyclone. Ainsi la moitié nord a reçu les précipitations les plus importantes le 26 mars, et le sud, le 27 mars.
Cumul des précipitations du 26 mars et du 27 mars 1996


Cumul des précipitations sur 3 jours, du 26 au 28 mars 1996

Le cyclone BETI n'a provoqué la perte d'aucune vie humaine, seuls sont à signaler quelques blessés légers, souvent sans rapport direct avec le phénomène.
En revanche, les dégâts ont été importants, voire très importants sur les biens d'équipement : le réseau routier, les réseaux d'alimentation électrique et hydraulique, les commerces et les industries ainsi que pour l'agriculture. Sur l'ensemble de la Grande Terre de nombreuses habitations, traditionnelles ou précaires, ont partiellement ou même totalement été détruites. Ces dégâts ont été causés aussi bien par la force destructrice du vent que par les inondations dues aux fortes précipitations. Environ un millier de personnes ont été évacuées sur Nouméa et sa région, et cinq cents sur le reste du territoire.

Les Nouvelles Calédoniennes - vendredi 29 mars 1996

Avec pour thème « Observer aujourd’hui, protéger demain », cette journée met en avant les observations météorologiques qui permettent non seulement de prévoir le temps, mais aussi de protéger les populations de demain en mesurant les effets de l’évolution rapide du climat.
En 2019, un programme d’automatisation des stations d’observation climatologique a été lancé, afin de pérenniser le réseau et d’améliorer l’accès aux données en temps réel.
Ce programme consiste à remplacer une station à lecture manuelle, nécessitant la présence d’un observateur pour effectuer le relevé de données, par l’installation d’une station automatique.
Les gains d’une telle transformation sont :
Sur les 22 stations à moderniser, 20 stations ont été déployées. Les deux restantes le seront au cours de l’année 2026.
Carte des stations automatisées
Ces nouvelles stations sont composées d’une structure hors sol qui regroupe les antennes de transmission et les différents capteurs météorologiques. Le type d’appareil de mesure installé sur la structure dépend des besoins météorologiques. Les stations sont équipées au minimum de capteurs mesurant les précipitations et la température.
Une telle installation permet d'éviter la réalisation de massifs béton pour les supports des capteurs et de tranchées pour le passage des câbles vers la station, rendant ainsi possible la mise en place de station automatique dans des zones difficiles d'accès avec un temps d'intervention restreint.
Installation de la station de la Ouinné en 2021
Ces 20 nouvelles stations viennent compléter le réseau existant, assurant ainsi une couverture optimale de l'ensemble du territoire calédonien.
En 2026, le déploiement de deux dernières stations automatiques, celles de Tiaret et de Galarino, viendra finaliser ce réseau.

Cartographie des stations météorologiques de Nouvelle-Calédonie et Wallis-et-Futuna
(cliquez sur la carte pour l'agrandir)
Bilan établi avec les données disponibles le 09/03/2026
Les heures indiquées sont les heures de Nouvelle-Calédonie
Mercredi 4 mars 2026, un axe dépressionnaire s’étire du sud de la Papouasie Nouvelle-Guinée à la Nouvelle-Calédonie. Le pays se trouve dans un flux de Nord humide et instable. Des cellules orageuses touchent le Nord-Est de la Grande Terre en cours de matinée. Les précipitations se généralisent à la Côte Est en journée et débordent localement vers la Côte Ouest. Dans la nuit de mercredi à jeudi 5 mars, les pluies gagnent l’ensemble du pays. C’est sur le Nord-Est qu’elles sont les plus fortes.
Jeudi 5 mars, des amas orageux actifs se développent régulièrement à proximité et sur le pays, donnant par endroits de fortes averses. En milieu de journée, l’axe dépressionnaire se décale au sud du territoire, ce qui entraîne un affaiblissement de l’activité pluvieuse.
C’est sur la côte Est, entre Canala et Pouébo, que les cumuls totaux de précipitations mesurés aux stations entre le mercredi 4 et le jeudi 5 mars 2026 ont été les plus importants. Le cumul maximal est de 235,9 mm à Ponérihouen. Ailleurs, ils sont compris entre 100 et 150 mm. A Ponérihouen, Koné et Voh, les pluviomètres ont recueilli l’équivalent d’un demi mois de mars de précipitations.
Si, pour les communes indiquées précédemment, les cumuls de précipitations mesurées aux stations ont été importants sur toute la durée de l’épisode, ils n’ont en revanche pas atteint de caractère exceptionnel sur de courtes durées.

Les rafales maximales de vent n’ont pas excédé les 100 km/h. La station de Poingam (Poum) a enregistré la rafale maximale de 93 km/h le matin du 4 mars.
Dans ce contexte instable, une forte activité orageuse s’est produite aux abords du pays, épargnant le domaine terrestre de la Nouvelle-Calédonie. Sur ce dernier, 44 impacts de foudre au total ont été détectés, principalement sur Hienghène et sur Maré.
