Méthodes

Il existe plusieurs méthodes de prévision selon le type d’évènements que l’on souhaite prévoir :

  • la prévision déterministe pour des échéances de quelques heures à quelques jours – cette technique propose un unique scénario à partir d’une situation initiale ;
  • la prévision d’ensemble ou probabiliste pour des échéances au-delà de 3-4 jours – cette technique tient compte de l’incertitude inhérente à tout scénario unique et propose plusieurs simulations à partir de plusieurs descriptions d’une situation initiale ;
  • la prévision saisonnière pour faire ressortir des tendances notamment de précipitations et de températures pour le trimestre à venir.

Toutes ces techniques s’appuient sur des modèles numériques dont les résultats sont analysés par des prévisionnistes ou des climatologues.

En Nouvelle-Calédonie, les trois méthodes sont utilisées.

Prévision déterministe

A partir de toutes les observations à un instant T, on détermine ce qu’on appelle l’ « état initial de l’atmosphère ». Les modèles numériques calculent et proposent un scénario d’évolution des paramètres météorologiques (pression, température, etc.) à partir de cet état initial et ce pour différentes échéances allant de quelques heures à quelques jours.
Pour plus d'informations, consulter l'onglet Prévision numérique.

Il existe plusieurs modèles numériques : le premier travail du prévisionniste est donc de sélectionner celui avec lequel il va travailler.  Pour cela, il vérifie le « calage » de chaque modèle sur le temps présent, ce qui lui permet de déterminer celui qui se rapproche le plus de la réalité : en effet, si le modèle prévoit mal la très courte échéance, le risque d’erreur devient énorme pour les échéances plus lointaines.

Le prévisionniste va ensuite analyser l’ensemble des informations fournies par le modèle et en dégager un scénario « corrigé » en tenant compte des limites du modèle et en s’appuyant sur sa connaissance du climat calédonien et de ses particularités parfois très localisées (consulter l'onglet Prévision en Nouvelle-Calédonie :

  • si le modèle est bien calé, il aura peu ou pas de corrections à apporter ;
  • si en revanche le modèle propose une prévision à très courte échéance qui est décalée par rapport à la réalité, le prévisionniste devra apporter les corrections qui lui semblent nécessaires.

Enfin, une fois le scénario établi pour les différentes échéances, il va les traduire de façon à les rendre intelligibles pour le grand public en rédigeant des bulletins et en produisant des cartes qui seront diffusés sur différents supports.

Prévision probabiliste

A chaque étape de la prévision, il y a des incertitudes qui peuvent diminuer la qualité de la prévision finale. Par exemple, les observations ne sont pas toujours parfaitement homogènes et les modèles sont des représentations nécessairement incomplètes et imparfaites du fonctionnement de l’atmosphère. D’autre part, l’atmosphère a un comportement chaotique : deux situations initiales très proches peuvent conduire à des situations très différentes quelques heures et a fortiori quelques jours plus tard.
Les deux premières sources d’incertitudes (l'hétérogénéité des mesures et l'imperfection des modèles) sont peu à peu réduites au fur et à mesure de l’amélioration de nos outils. En revanche, notre compréhension du fonctionnement de l’atmosphère, même si elle s’améliore également, ne nous permet pas actuellement de résoudre l'incertitude liée au caractère chaotique de l'atmosphère.

C’est la raison pour laquelle la prévision probabiliste vient compléter la prévision déterministe. Le principe est de réaliser plusieurs scénarios à partir de plusieurs états initiaux de l’atmosphère proches et de les comparer. Si les simulations ont tendance à converger vers des scénarios semblables, leur probabilité d’occurrence est très grande. En revanche, si les scénarios produits sont très différents les uns des autres, la probabilité d’occurrence de chacun s’en trouve diminuée.

Prévision saisonnière

La prévision saisonnière a pour objectif de prévoir les tendances de pluie et de température pour le trimestre à venir. Elle s’appuie sur des modèles qui étudient notamment les interactions entre océan et atmosphère. Dans le Pacifique, la prévision saisonnière est fortement liée aux oscillations du phénomène ENSO (phase neutre, Niño ou Niña).

La méthode de prévision est proche de celle de la prévision probabiliste : le modèle est lancé successivement en faisant faiblement varier les conditions initiales, puis, à partir des scénarios obtenus, une prévision de tendance est établie.

En Nouvelle-Calédonie, la prévision saisonnière est exprimée sous forme de probabilités que la pluie ou la température soient inférieures, conformes ou supérieures aux normales. Dans d’autres services météorologiques, on donne la valeur de l’écart à la normale.

savoir plus 30px Une normale est une moyenne calculée sur 30 ans représentant un état moyen et servant de référence.

Consulter le Bulletin Mensuel de Prévision Saisonnière de Nouvelle-Calédonie ou de Wallis-et-Futuna.