En Nouvelle-Calédonie et à Wallis-et-Futuna

Le Service de la Météorologie en Nouvelle-Calédonie fournit des prévisions sur l’ensemble du territoire calédonien selon un découpage en zones regroupant les régions où on observe sensiblement les mêmes conditions météorologiques. Ce zonage peut bien sûr être très variable mais on retrouve souvent :

  • cinq zones de prévisions climatologiques pour le domaine terrestre plus la zone « Chaîne » qui correspond au relief de la Grande Terre ;
  • cinq zones de prévisions climatologiques pour le domaine côtier.
zones terre S zones lagon S
Zones utilisées pour la rédaction des bulletins de prévision en Nouvelle-Calédonie

Les prévisions sont proposées sous trois formes principales et donnent des informations ciblées en fonction du public visé (grand public, activités nautiques ou aéronautiques, etc.) :

Pour Wallis-et-Futuna, les prévisionnistes effectuent des prévisions de temps sensible, de vent, de houle et de l'état de la mer sous forme de bulletin rédigé, de cartes et/ou d'atmogrammes.

Principales situations-types en Nouvelle-Calédonie

Courant d’alizé

   

Ce type de temps est de loin celui qui se produit le plus souvent. Il est associé au positionnement de l’anticyclone en mer de Tasman ou sur la Nouvelle-Zélande.

Il s'agit d'une situation stable qui provoque un vent de sud-est à est assez fort et un temps passagèrement nuageux avec des averses isolées souvent nocturnes ou matinales, principalement sur le Sud, l'Est et les Loyauté.

  CA 20051231 S

Courant d’ouest

   

Il y a une dépression en mer de Tasman. Le vent est de sud-ouest à nord-ouest.

Le temps est passagèrement nuageux, assez sec sur la côte Est mais avec des averses sur la côte Ouest et le versant ouest de la Chaîne (effet de Fœhn). Les températures sont élevées sur la côte Est et plus modérées sur la côte Ouest.

Cette situation est favorable à l’occurrence des coups d’ouest.

  CO 20051117 S

Courant d’est

   

L’anticyclone se rapproche de la Nouvelle-Zélande et la situation devient potentiellement instable. Le vent est d’est à nord-est. Le temps est passagèrement nuageux mais avec la possibilité de voir se développer des nuages convectifs de type cumulonimbus et un risque d’averses marquées, parfois soutenues voire orageuses. Les températures sont supérieures à la normale.

Ce type de temps peut précéder un cyclone ou une dépression subtropicale. Il peut provoquer des épisodes de forte chaleur.

  CE 20060401 S

Temps tropical

   

La ZCIT (Zone de Convergence InterTropicale) est plus au sud par rapport à sa position « normale » ou la ZCPS (Zone de Convergence du Pacifique Sud) se rapproche.

L’air est humide et instable. Le vent n’est pas établi et peut souffler dans toutes les directions. Le ciel est changeant, les précipitations importantes et les températures élevées.

Ce type de temps favorise le développement de phénomènes cycloniques en saison, les fortes pluies et les records de chaleur.

  RT 20060131 S

Régime anticyclonique

   

La Nouvelle-Calédonie est en bordure d’une zone de haute pression centrée sur Kermadec ou sur le Queensland, ou dans une zone intermédiaire entre hautes et basses pressions.

Les petites brises faibles dominent et le temps est souvent peu nuageux avec une forte amplitude thermique (faibles températures mini et fortes températures maxi) notamment en été.

  RA 20151111 S

Echéances et prévisibilité

La prévision du temps obéit aux règles suivantes :

  • plus l'échéance visée est lointaine, plus elle est incertaine et donc moins la prévision est détaillée ;
  • la prévisibilité augmente avec la taille des phénomènes.

 

Echéances

En Nouvelle-Calédonie et à Wallis-et-Futuna, on propose actuellement

  • une prévision jusqu'à J+1 / J+ 2 ;
  • un aperçu pour J+3 / J+4 ;
  • puis une tendance jusqu' à J+6 / J+7 (pour la Nouvelle-Calédonie uniquement).

 

La prévisibilité des phénomènes : que peut-on prévoir et à quelle échéance ?

La prévision de l'arrivée d'une dépression, ou encore du passage d’un front froid accompagné d’un « coup d’ouest », est par exemple fiable jusqu'à quelques jours d'échéance alors que les phénomènes de plus petite taille (orages, nappes de brouillard, etc.) peuvent être prévus de façon précise avec seulement quelques heures d'anticipation : au-delà, on ne peut que qualifier leur risque d'apparition à une échelle de l’ordre de la centaine de kilomètres. Dans les meilleurs cas, il est aussi possible d'affiner le diagnostic en fonction des particularités locales (par exemple : risque d'orages plus élevé sur le relief).

Prévoir la localisation d’un orage s’avère également difficile, mais il est encore plus complexe de prévoir la quantité de précipitations qui lui est associée. Ces quantités varient en fonction de la nature de l’épisode orageux (intensité et vitesse de déplacement des cellules orageuses, durabilité du phénomène, etc.), mais également en fonction de la topographie de la région concernée. On sait par exemple que les orages circulant en mer et arrivant sur les terres se bloquent souvent contre le relief où ils donnent les plus fortes précipitations.

Un exemple de prévision orageuse : l’épisode du 1er décembre 2013

Comme vu plus haut, les prévisionnistes s’appuient sur des modèles numériques pour réaliser leurs prévisions. Pour prévoir correctement des phénomènes de petite échelle comme les orages (de l’ordre de la dizaine de kilomètres), il est nécessaire d’avoir des modèles suffisamment « fins », capables de simuler le nuage orageux et d’avoir une représentation réaliste du relief. Les modèles actuellement utilisés par les prévisionnistes de Météo-France en Nouvelle-Calédonie ne permettent pas d’avoir une idée aussi précise du risque orageux ou de fortes pluies qu’on le souhaiterait. Ces modèles (par exemple ALADIN) sous-estiment encore fréquemment les quantités de précipitations d’un facteur 2. Mais des progrès ont été réalisés ces deux dernières années et les efforts se poursuivent, avec notamment la mise en place début 2016 du modèle français à haute résolution AROME.

Performances

La division Prévision de Météo-France Nouvelle-calédonie évalue ses propres performances a posteriori en comparant ses prévisions aux données observées. Cette vérification est faite pour plusieurs paramètres : le temps sensible (illustré par exemple par les pictogrammes sur les cartes), les températures mini et maxi ainsi que la direction et la force du vent moyen.

Cette autoévaluation permet notamment de détecter s'il existe des situations récurrentes dans lesquelles les prévisions sont moins bonnes et donc d'alimenter la réflexion pour les améliorer. Comme vu précédemment, les prévisions numériques ne sont pas toujours parfaitement exactes. Les statistiques  de performances contribuent à une meilleure connaissance de l'outil que constitue un modèle en mettant par exemple en lumière les situations dans lesquelles ce dernier doit être (plus ou moins) sytématiquement corrigé. Elles contribuent également à la formation permanente des prévisionnistes qui acquièrent de plus en plus d'expérience et de connaissance du terrain au fur et à mesure de leur pratique.

D'autre part, cette évaluation étant effectuée depuis plusieurs années, elle permet de voir l'évolution des performances de prévision. Les schémas ci-dessous représentent l'évolution d'un indice de réussite cumulé pour les trois paramètres.

performances S   performances tendance S
Ce graphique illustre essentiellement deux choses :
  • d’une part, la comparaison entre les taux de réussite selon les échéances de prévision → les taux de réussite à J+1 et J+2 sont très proches ;
  • d’autre part, l’amélioration de la qualité des prévisions → la qualité des prévisions à J+3 en 2014 a dépassé celle à J+1 en 2009.
  Celui-ci montre de façon plus évidente que la qualité de la prévision ne cesse de progresser (la courbe rouge est une régression linéaire, c'est-à-dire un lissage qui permet de mettre en évidence la tendance suivie par la courbe verte).

On a globalement gagné une journée sur la période considérée.