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Les échéances et les limites de la prévision

La prévision du temps obéit à des règles simples. D’une part, plus l'échéance visée est lointaine, moins la prévision est détaillée. D’autre part, l'horizon de prévisibilité augmente avec la taille des phénomènes. La prévision de l'arrivée d'une dépression, ou encore du passage d’un front froid accompagné d’un « coup d’ouest », est par exemple fiable jusqu'à quelques jours d'échéance alors que les phénomènes de plus petite taille (orages, nappes de brouillard, etc.) peuvent être prévus de façon précise avec seulement quelques heures d'anticipation : au-delà, on ne peut que qualifier leur risque d'apparition à une échelle de l’ordre de la centaine de kilomètres. Dans les meilleurs cas, il est aussi possible d'affiner le diagnostic en fonction des particularités locales (par exemple : risque d'orages plus élevé sur le relief).

Prévoir la localisation d’un orage s’avère donc difficile, mais il est encore plus complexe de prévoir la quantité de précipitations qui lui est associée. Ces quantités varient en fonction de la nature de l’épisode orageux (intensité et vitesse de déplacement des cellules orageuses, durabilité du phénomène, etc.), mais également en fonction de la topographie de la région concernée. On sait par exemple que les orages circulant en mer et arrivant sur les terres se bloquent souvent contre le relief où ils donnent les plus fortes précipitations.

Les prévisionnistes s’appuient sur des modèles numériques pour réaliser leurs prévisions. Un modèle est un ensemble complexe d’équations mathématiques permettant de simuler l’état de l’atmosphère et d’en prévoir son évolution (pour en savoir plus sur les modèles numériques, cliquez ici). Pour prévoir correctement des phénomènes de petite échelle comme les orages (de l’ordre de la dizaine de kilomètres), il est nécessaire d’avoir des modèles suffisamment « fins », capables de simuler le nuage orageux et d’avoir une représentation réaliste du relief. Les modèles actuellement utilisés par les prévisionnistes de Météo-France en Nouvelle-Calédonie ne permettent pas d’avoir une idée aussi précise du risque orageux ou de fortes pluies qu’on le souhaiterait. Ces modèles (par exemple ALADIN) sous-estiment encore fréquemment les quantités de précipitations d’un facteur 2. Mais des progrès ont été réalisés ces deux dernières années et les efforts se poursuivent, avec notamment la mise en place à l’horizon 2016 du modèle français à haute résolution AROME, dont on peut voir un exemple d’apport sur la description du relief ci-dessous.

modeles web

Illustration : l’épisode orageux du 1er décembre 2013

Les orages qui ont concerné la côte Est et les Loyauté lors de la journée du dimanche 1er décembre montrent bien la difficulté de la prévision de ce type de phénomène. Ainsi, la répartition des précipitations est très inégale : on a observé des cumuls de pluies en 12 heures de l’ordre de 50 à 100 mm sur la côte Est de la Grande Terre et jusqu’à 250 mm à Yaté. En revanche, les quantités relevées sur la côte Ouest dépassent rarement les 20 mm. Il n’a d’ailleurs quasiment pas plu sur certaines régions (0,4 mm au village de Koumac).

L'image ci-dessous montre la répartition des précipitations estimées sur 12 heures (de 5 h à 17 h locales) par les trois radars de Nouvelle-Calédonie.

image-RADAR web

Lame d'eau RADAR estimée sur la période de 5 h à 17 h locales le 01/12/13
Plus les couleurs sont chaudes (orange, rouge, rose), plus les quantités de précipitations sont importantes :

echelle radar web

Le 1er décembre dernier, on a donc relevé une quantité maximale en 12 heures de 250,4 mm à Yaté. Cette valeur n’est pas exceptionnelle pour la région, toutefois on ne l’observe en moyenne qu’une fois tous les 5 ans. Elle est :

  • 10 fois plus importante que la quantité relevée pour cet épisode dans la région de Nouméa située à environ 50 km de Yaté, ou encore 5 fois supérieure aux 50 mm relevés à la station de la Rivière Blanche distante de 20 km ;
  • supérieure à la quantité observée en moyenne pour tout un mois de décembre sur cette même région de Yaté (212,7 mm) ;
  • équivalente à la quantité de pluies recueillie à la station de Koumac lors des 6 derniers mois (251,9 mm de juin à novembre 2013).

Ces comparaisons montrent que les fortes pluies et orages sont des évènements souvent très localisés et illustrent la complexité des prévisions lorsqu'il s'agit d'estimer le plus précisément possible les quantités de précipitations attendues.

Les prévisions effectuées pour l'épisode du 1er décembre sont également un exemple-type de ce qu’on peut généralement attendre au mieux en matière d’anticipation au regard de la prévisibilité actuelle des orages sur notre région :

  • une dégradation pluvieuse annoncée quelques jours à l’avance ;
  • un risque orageux généralisé précisé la veille, notamment par la diffusion le samedi 30 novembre d’une vigilance jaune fortes pluies/orages pour l’ensemble de la Nouvelle-Calédonie ;
  • une caractérisation plus précise du risque en localisation et en intensité, se traduisant par la diffusion d’une vigilance orange fortes/pluies orages sur la côte Est et l’extrême Sud (cf. carte de vigilance du dimanche 1er décembre à 6 h localesci-dessous), soit une anticipation de 3 à 6 heures par rapport au début réel du phénomène.

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Pour en savoir plus : le site national de Météo-France

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