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Comment l’océan réagit-il à un ouragan et
quelles en sont les conséquences sur la tempête elle-même
?
Rédigé par Joe Cione
Le refroidissement de la température de surface de
l’eau (SST) est la principale réponse directe de l’océan
à un ouragan. Comment cela se produit-il ? Lorsque
les vents forts d’un ouragan se déplacent sur l’océan,
ils brassent l’eau et font remonter de l’eau beaucoup
plus froide des profondeurs. Le résultat très net
est que la SST de l’océan peut avoir diminué de plusieurs
degrés Celsius après le passage de la tempête.
La Figure 1 montre des SST entre 25°C et 27°C plusieurs
jours après le passage de l’ouragan GEORGES en 1998
: le « sillage froid » après la tempête GEORGES le
long et à droite de la trajectoire superposée est
3 à 5°C plus froid que la SST inchangée à l’ouest
et au sud (c’est à dire les zones rouge/orange à environ
30°C). L’ampleur et la distribution du refroidissement
montrées par cet exemple sont relativement typiques
des analyses de SST après le passage d’une tempête.
Il est toutefois important de réaliser que l’essentiel
du refroidissement de l’océan de 3 à 5°C montré sur
la Figure 1 se produit bien après que la tempête ait
quitté la zone (dans ce cas, plusieurs jours après
que GEORGES ait touché les terres). La quantité d’eaux
océaniques refroidies directement sous l’ouragan dans
sa zone de vents forts est une question bien plus
importante à laquelle les scientifiques aimeraient
répondre. Pourquoi ? Les ouragans puisent leur énergie
dans les eaux chaudes de l’océan en dessous d’eux.
Toutefois, pour avoir une meilleure estimation de
la quantité exacte d’énergie transférée de la mer
vers la tempête, les scientifiques ont besoin de connaître
les conditions de température de l’océan exactement
en dessous de l’ouragan. Malheureusement, avec les
vents à plus de 150 km/h, les vagues de plus de 20
mètres et la couverture nuageuse extrêmement dense
qui sont la norme dans cette zone de la tempête, les
mesures directes (et même indirectes) des conditions
de SST au cœur même de la tempête sont très rares.
Heureusement dans ce cas, « très rare » ne signifie
pas « une fois dans une vie ». Il y a peu, des scientifiques
de la Hurricane Research Division (Division de Recherche
sur les Ouragans) ont réussi à se faire une meilleure
idée du niveau de refroidissement de la SST juste
en dessous d’un ouragan en étudiant un certain nombre
de tempêtes sur une période de 28 ans. En combinant
ces événement rares, les scientifiques de la HRD ont
mis au point une « moyenne composite » du refroidissement
de l’océan juste en dessous de la tempête.
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La Figure 2 montre qu’en moyenne, les modèles
de refroidissement sont très inférieurs aux estimations
de 3 à 5°C post-tempête vus sur la Figure 1. Dans
la plupart des cas, la température de l’océan
sous un ouragan est de 0,2°C à 1,2°C plus froide
que les eaux environnantes. Le chiffre exact dépend
de plusieurs facteurs dont la structure de l’océan
en dessous de la tempête (c’est à dire l’emplacement),
la vitesse de la tempête, l’époque de l’année
et dans une moindre mesure, l’intensité de la
tempête (Cione et Uhlhorn 2003). |
| Bien que les estimations de la Figure
2 constituent une énorme amélioration pour mieux
représenter les réels types de refroidissement
de la SST rencontrés sous un ouragan, une toute
petite erreur dans la SST du cœur conduit à des
erreurs de calculs significatifs quand il s’agit
de déterminer précisément la quantité d’énergie
transférée de l’environnement océanique chaud
directement vers l’ouragan. Tous les autres facteurs
restant égaux, une erreut d’à peine 0,5°C peut
correspondre à la différence entre une tempête
qui s’intensifie rapidement et une qui se désagrège
! Avec tout cela en jeu, les scientifiques de
la HRD et d’autres institutions gouvernementales
et académiques essayent d’améliorer notre capacité
à estimer précisément, observer et prévoir les
conditions de la partie superficielle de l’océan
sous la tempête. Ces efforts comprennent des études
statistiques, des améliorations au niveau de la
modélisation et des capacités d’observation améliorées
prévues pour aider les scientifiques à mieux déterminer
les conditions thermiques en dessous de la tempête.
Avec de telles évolutions, il est probable que
les futures prévisions de variation d’intensité
des cyclones tropicaux seront grandement améliorées. |
Cione, J. J. et E. W. Uhlhorn, 2003 : Sea Surface
Temperature Variability in Hurricanes : Implications
with Respect to Intensity Change. Monthly Weather
Review, 131, 1783-1796.
Dernière mise à jour le 13 août 2004.
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