En raison de leur grande extension verticale, les cumulonimbus sont les seuls nuages capables de générer des décharges électriques, appelées indifféremment arcs ou éclairs. Quand elles se produisent à l'intérieur d'un nuage ou entre les nuages, ces décharges sont appelées «éclairs intra-nuage ou inter-nuages». Moins fréquente mais plus connue, la foudre, ou éclair nuage-sol, est la manifestation visible d'une décharge entre le nuage et la surface terrestre (ou marine). Pour mieux appréhender ces phénomènes potentiellement dangereux, la Nouvelle-Calédonie s'est dotée depuis novembre 2013 d'un réseau de détection des éclairs nuage-sol et intra-nuages.

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Figure 1 : Cliché d’impacts au sol (éclairs nuage-sol) en Nouvelle-Calédonie (source : Daniel Kedinger).

Mesure de l’activité électrique en Nouvelle-Calédonie

Réseau de détection de la foudre

Le réseau haute résolution de la Nouvelle-Calédonie (HRNC) est constitué de 5 capteurs, capables de différencier les arcs intra ou inter-nuages des arcs au sol. Ces capteurs sont situés sur les aérodromes de Koumac, Koné, La Tontouta, Lifou et Maré. Ils fonctionnent par mesure croisée de la direction des signaux électriques détectés au niveau de chaque capteur.

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Figure 2 : Capteur foudre dans la plaine de l'aéroport de La Tontouta.

Le réseau permet de localiser en temps réel les arcs électriques. La précision est de 500 m au coeur du réseau, elle diminue vers l’extérieur du réseau pour atteindre 5 km vers l’île des Pins, Maré et Poum, et plus de 10 km sur Belep (dans l’axe des 3 capteurs de la Grande-Terre). Il garantit une détection voisine de 95 % des éclairs sur le domaine terrestre et de 90 à 70 % sur le domaine maritime au fur et à mesure que l’on s’éloigne des côtes (voir figure 3).

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Figure 3 : Efficacité de détection (en %) des arcs électriques (source : Météo-France Nouvelle-Calédonie).

Exemple de mesure de foudre

La carte ci-dessous montre la répartition des arcs électriques qui ont concerné la commune de Maré (cercle de rayon de 30 km autour du centre de la commune) au cours de la journée du 20 janvier 2018 entre 9h00 et 10h00 lors du passage de l’épisode orageux qui a circulé sur le pays entre le 19 et le 20 janvier. 277 éclairs ont été comptés en une heure à ce moment-là. Parmi ces éclairs, on distingue 241 impacts de foudre (arcs positifs plus négatifs) et 36 éclairs intra-nuage ou inter-nuages.

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Figure 4. Carte de la répartition des arcs électriques qui ont concerné la commune de Maré le 20/01/2018 entre 9 et 10h loc. dans un rayon de 30 km autour du centre de la commune de Maré. (Source : Météo-France Nouvelle-Calédonie)

Attestation de foudroiement délivrée par Météo-France Nouvelle-Calédonie

Pour répondre à tout besoin (assurance, dégradation d’installations...) Météo-France Nouvelle-Calédonie peut délivrer des attestations pour justifier du foudroiement en un lieu, à une date donnée. Pour toute information à ce sujet, prendre contact avec le service commercial, par mail à Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser..

Bilan de l’activité électrique en Nouvelle-Calédonie depuis le début des mesures (fin 2013)

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Figure 5 : Domaine de comptabilisation des arcs électriques : environ 95 000 km² (source : Météo-France Nouvelle-Calédonie).

En un peu plus de 4 ans (du 1er décembre 2013 au 22 janvier 2018), le réseau de détection de la foudre a enregistré environ 750 000 arcs électriques (intra-nuage, inter-nuages et nuage-sol) en Nouvelle-Calédonie (voir figure 5 ci-dessus pour l’aire de comptage). Environ 300 000 d’entre eux ont touché le sol.

Comme le montre la figure 6 ci-dessous, l’activité électrique a surtout lieu pendant la saison chaude, entre novembre et avril. La journée la plus active enregistrée depuis le 1er décembre 2013 est celle du 2 avril 2015 avec 60 000 arcs électriques détectés dont 11 500 impacts au sol. La 2ème journée la plus active est celle du 19 janvier 2018 avec 59 000 arcs électriques. En termes de nombre d’impacts au sol en une journée, le record est détenu par cette même journée du 19 janvier 2018 avec environ 37 000 impacts de foudre comptabilisés sur l'ensemble du territoire. Ce nombre d’impacts de foudre en une journée est très élevé. En comparaison, le record détenu par la France métropolitaine sur une zone plus étendue est de 78 000 impacts de foudre le 6 août 1999.

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Figure 6 : Nombre d’impacts de foudre en Nouvelle-Calédonie entre le 1er décembre 2013 et le 22 janvier 2018 (source : Météo-France Nouvelle-Calédonie).

Bilan détaillé de l’activité électrique des 19 et 20 janvier 2018

Le 14 janvier, une dépression se creuse dans la Mer de Tasman au sud de la Nouvelle-Calédonie. Celle-ci engendre pendant plusieurs jours d’affilée un flux de nord qui draine sur le pays un air très chaud et humide en surface qui devient de plus en plus instable. Entre le 14 et le 20 janvier, cette instabilité crée des cellules pluvio-orageuses qui atteignent une intensité maximale les 18 et 20. Les cumuls en une journée ne sont pas exceptionnels : sur le sud de la Grande-Terre, on mesure jusqu’à 118,2 mm en 24 h à Dumbéa. Dans le nord et les îles Loyauté, les cumuls maximaux en 24 h atteignent 154,2 mm à Tadine (Maré) et 146,9 mm à Pouébo. Les cellules orageuses à l’origine de ces cumuls ont été de courte durée et très intenses. En deux heures il est tombé 95 mm à Dumbéa le 19 ; à Montagne des Sources, il est tombé 66 mm en une heure le 18. Ces intensités ont une durée de retour de 10 ans.


Au sein des cumulonimbus à l’origine de ces violentes averses, l’activité électrique y a été particulièrement forte. En deux jours, le réseau foudre a détecté environ 93 000 impacts de foudre sur la Nouvelle-Calédonie et ses abords (voir figure 7). L’activité électrique s’est manifestée principalement durant la nuit du 19 au 20 et elle a concerné essentiellement l’est et le sud de la Grande-Terre ainsi que les îles Loyauté.


Qu’est ce qui explique une activité électrique aussi intense ? La combinaison de plusieurs facteurs pourrait en être la cause : s’il ne fait aucun doute que le flux de nord, chaud et humide, propice à l’instabilité donc au développement des cumulonimbus est l’élément principal de cette convection orageuse, celle-ci a certainement été renforcée par des effets de convergence en basses couches qui ont alimenté les ascendances et par une forte concentration en aérosols atmosphériques, particules en suspension dans l’air et qui participent à l’intensification de l’activité électrique.

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  Figure 7 : Nombre et localisation des impacts de foudre du 19 au 20 janvier 2018 (source : Météo-France Nouvelle-Calédonie).


Pour en savoir sur les orages

 

Pour en savoir plus : le site national de Météo-France

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