Météo-France Nouvelle-Calédonie dresse un premier bilan de l’année 2016, marquée par un temps plutôt sec et la prédominance de températures anormalement élevées.

1. Les pluies, d’un extrême à l’autre

1.1.  Bilan annuel

La Nouvelle-Calédonie dans son ensemble a connu un temps plutôt sec en 2016. Le bilan pluviométrique moyen affiche un écart à la normale de -20%. A part dans le Grand Nouméa et ses abords où les quantités sont supérieures aux normales d'environ +15 %, tous les cumuls annuels relevés cette année sont inférieurs à la normale (Illustration 1). Ces déficits ne sont pas exceptionnels, sauf à Lifou, à Ouvéa, sur l’extrémité nord et dans la partie sud de la côte est, où la sécheresse météorologique est avérée. A Chépénéhé par exemple, notre observateur a relevé 1010 mm, le troisième cumul le plus faible pour ce poste ouvert en 1951.

1.2.  Évolutions et faits marquants du premier semestre

Alors qu'elle apporte habituellement des quantités de pluies substantielles sur le pays au cours des premiers mois de l'année, la zone de convergence du Pacifique Sud est rejetée au nord-est de sa position habituelle sous l'effet d’El-Niño. Le mois de janvier est le plus touché par le manque de précipitations. A Koumac le cumul relevé ce mois-ci est de 0,2 mm, bien loin des 158 mm de pluies enregistrées habituellement. C'est d'ailleurs la quantité la plus faible jamais mesurée à cette station ouverte en 1949. En juin, à l'entrée de l'hiver australe, ce sont les déficits qui dominent les bilans pluviométriques en Nouvelle-Calédonie. Il n'y a guère que Nouméa et ses abords qui ont connu un temps assez pluvieux au cours du premier semestre. Ce sont essentiellement des cellules orageuses localisées mais très actives qui ont arrosé les jardins des Nouméens. Ce fut le cas notamment le 7 mai en soirée lorsqu'une vague orageuse s'est abattue sur la capitale, apportant 138 mm en 3h, un record pour cette station opérationnelle depuis 1949.

1.3.  Évolutions et faits marquants du second semestre

Au cours du second semestre 2016, l'évolution des précipitations est géographiquement moins disparate. Durant l'hiver austral les quantités de pluies sont partout proches de la normale et en septembre les conditions extrêmement sèches n'épargnent aucune commune. Avec un premier semestre pauvre en précipitations, la majeure partie de la Nouvelle-Calédonie se retrouve à l'entrée de la saison chaude dans une situation de sécheresse météorologique modérée à sévère. De manière inhabituelle, ce sont les pluies du mois de novembre qui mettent un terme à la quasi-totalité des épisodes de sécheresse météorologique. Un épisode pluvio-orageux d'une rare violence affecte en particulier les communes du centre de la Grande Terre entre le 21 au 22 novembre. On mesure jusqu'à 350 mm en 6 heures. Cet épisode se classe en 5ᵉ position dans la liste des épisodes les plus intenses jamais observés sur une durée de 6 heures. A Houaïlou, les pluies diluviennes ont provoqué d'importants glissements de terrains causant la mort de 8 personnes.

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Illustration 1: Rapport à la normale des cumuls de précipitations pour l'année 2016.
Source : Météo-France & gouvernement de la Nouvelle-Calédonie

2. Les températures : un podium et des records

2.1.  La tendance annuelle

Avec des températures moyennes supérieures de +1.0°C à la valeur de référence (1971-2000), l'année 2016 est la troisième année la plus chaude en Nouvelle-Calédonie depuis 1970, derrière 2010 (+1.1°C) et 1998 (1.5°C), comme le montre la figure ci-dessous (Illustration 2).

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Illustration 2: Écart à la moyenne de référence 1971-2000 de l’indicateur de température moyenne annuelle sur la Nouvelle-Calédonie de 1970 à 2016.
Source : Météo-France & Gouvernement de la Nouvelle-Calédonie.

2.2.  Évolution mensuelle et faits marquants

A l’exception des mois de janvier et de décembre durant lesquels les températures sont proches des normales, tous les mois de l'année 2016 sont bien plus chauds qu'à l'accoutumée.

Février 2016 se démarque par la chaleur exceptionnelle qui a accablé le pays tant en journée que durant la nuit. Avec un écart à la normale de +1,9°C, il s’agit du mois de février le plus chaud depuis 1970. La concomitance d'un air tropical chaud et humide et de températures océaniques anormalement élevées ont favorisé l'émergence, coup sur coup, de deux vagues de chaleur extrême. La première, du 3 au 9 février, se manifeste par des températures particulièrement élevées en journée telles que les 34,6°C enregistrés le 7 à Ouanaham (Lifou), un nouveau record absolu pour cette station ouverte en 1960. Parmi la trentaine d’épisodes de fortes chaleurs recensés depuis 1970, celui-ci se classe en 1e position par sa durée et en 3e position par son intensité. Une seconde vague de chaleur s’abat sur le pays du 13 au 14 février. Plus brève mais d’une intensité sans égale, elle fait tomber de nombreux records de températures la nuit, comme à Nouméa où le thermomètre n’est pas descendu en dessous de 27,7°C. De tous les êtres vivants présents en Nouvelle-Calédonie, ce sont visiblement les coraux, blanchis, qui ont le plus souffert de ces deux canicules.

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Illustration 3: Températures minimales et maximales quotidiennes enregistrées à la station de Nouméa du 1er janvier 2016 au 31 décembre 2016. Les aires colorisées en bleu ou en rouge délimitent des périodes durant lesquelles les températures mesurées sont respectivement inférieures ou supérieures aux normales (période de référence : 1981-2010).
Source : Météo-France & Gouvernement de la Nouvelle-Calédonie.

 

 

 

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